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Loira
Administratrice
Inscription: 13 Nov 2004 10:47 Messages: 40672 Localisation: Rhône-Alpes
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Citation: La ruée vers l’or. L'or vient de battre son précédent record de 1980, a savoir 865 Dollars l'once, et certains spécialistes estiment qu'il pourrait atteindre 900 $ très rapidement. Mais qui se cache derrière cette immense économie ?. Des multinationales d'extraction de l'or soutenues par les grandes banques commerciales aux producteurs artisanaux, le continent africain est aujourd'hui le principal fournisseur d'or de la planète. Bien qu'il fasse vivre, ou plutôt survivre beaucoup de personnes, l'orpaillage traditionnel est lui totalement absent des politiques publiques qui se tournent ajourd'hui davantage vers les multinationales dont les Etats sont souvent actionnaires.
Le sujet s'intéresse ici au quotidien d'un village d'orpaillage au sud du Burkina Faso.
Partis tôt ce matin de Banfora, et après deux heures de taxi-brousse, nous arrivons à Dégué-Dégué, au sud-ouest du Burkina-Faso, dans la province du Houêt. La poussière recouvre tout de sa couleur ocre, et sous une chaleur étouffante, nous découvrons ce bidonville de 20 000 habitants perdu en pleine brousse. Dégué-Dégué, littéralement “ doucement mais sûrement ” en dioula, s’est crée il y a cinq ans lorsque les mines plus anciennes de la région comme Moussobadougou ne rapportait plus suffisamment. Attirés par l’appât du gain d’un gisement neuf ou lieu de la dernière chance, une foule de migrants, célibataires ou en famille venus des quatre coins du Burkina, ont suivi le mouvement vers ce nouvel Eldorado. Le moteur de l’antique 404 éteint, tout semble calme ici. Il est midi et le soleil est à son point le plus haut. Seule une charrette d’eau tirée par un âne vient rompre le silence de l’harmattan qui tournoie. Nous serons hébergés chez Ali, le “ chef de gare ” ; il ne part plus à la mine mais vend l’essence pour les bâchés et autres rares mobylettes. En Afrique, la mine artisanale connaît un véritable boom. Une personne sur vingt est aujourd’hui dépendante de cette richesse. Mais bien qu'il fasse vivre, ou plutôt survivre beaucoup de personnes, l'orpaillage traditionnel est totalement absent des politiques publiques qui se tournent ajourd'hui davantage vers les multinationales dont les Etats sont actionnaires. La façon de travailler des orpailleurs, sorte le légionnaires venus d’ailleurs, n’a pas changé depuis 2000 ans et les outils restent rudimentaires. “ Ici, l’eau est vendue 100 Fcfa (0,15 euro) le bidon de 20 litres car il faut aller la chercher à 5 kilomètres. Peu d’orpailleurs peuvent s’autoriser ce produit de luxe. Regardez ce que j’ai ramassé aujourd’hui ! ”. Nous plongeons alors la tête dans la bassine de ce père de quatre enfants qui vient de passer onze heures au travail. “ Je vais en tirer au maximum 400 Fcfa (0,60 euro) de cette miette, et ce ne sera encore pas assez pour nourrir suffisamment ma famille ” conclue-t-il. “ Au début, vous voyez là où les gens habitent, toute cette zone a été retournée et fouillée. Aujourd’hui, les orpailleurs cherchent d’autres endroits, à l’extérieur du village, autour des cultures de l’hivernage ” explique le chef du village. Car durant la saison humide, une partie des orpailleurs travaillent aux champs, ce qui leur permet d’avoir un peu de mil et du sorgho en réserve. “ Ici, on est loin de tout, et le manque d’eau, d’hygiène, la précarité des logements et la poussière rendent la vie très difficile. Sans parler des maladies qui se développent pendant la saison humide, comme le paludisme, la tuberculose ou la typhoïde que tu ne peux aller faire bien soigner qu’à Banfora si tu peux sortir 10000 francs ” explique un pharmacien de la rue . Malgré tout, malgré les quelques conflits entre artisans et communautés liés à l’appât du gain et à une organisation sociale différente d’ailleurs, les gens rigolent , se parlent et s’entraident. En fin de journée, les hommes viennent vendre leur maigre récolte aux acheteurs disséminés dans la ville et mandatés par le “ boss ” qui contrôle la production de plusieurs sites aurifères. Le soir venu, ces hommes se retrouvent au vidéo- club qui passent en boucle des films chinois ou pornographiques. Dès 7 ans , les enfant descendent dans le trou, le gouvernement ne faisant rien pour scolariser ces mêmes enfants qui ont la malchance d’habiter dans un campement provisoire. “ Si tu as la chance de tomber sur un caillou, la seule chose à faire, c’est de ne rien à dire à personne, de ne pas revenir chez toi ou faire tes valises, mais de partir loin le plus vite possible comme si tu t’échappais d’une prison pour ne pas attirer l’attention de quelqu’un. Sinon, tu es mort. ” nous confie Amadou, orpailleur-coiffeur, installé ici depuis trois ans. Emmanuel Blivet.
_________________ Merci à Zarumbatus, auteur de mon avatar !
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