On l'a vu, le principe est finalement assez simple : on fait un changement que l'on amplifie par la grâce des modes de fusion, puis l'on ajuste en jouant successivement des réglages colorimétriques et des réglages de niveaux.
De nombreux outils se présentent pour changer les couleurs ; comment choisir l'un plutôt que l'autre ? Il n'y a pas de recette miracle : chaque photo va être un cas particulier, et chaque photographe encore plus. En outre, il faut compter avec l'inspiration du moment : tel traitement adopté par tel photographe sur telle photo pourra être différent d'un jour à l'autre.
Ce préambule pour que chacun soit bien conscient d'une chose : ce qui va suivre n'est en rien une recette à suivre aveuglément ! Ce n'est tout au plus qu'une piste possible parmi bien d'autres.
Nous allons travailler avec une photo que j'aime bien ; elle a été prise avec mon vieux bridge Sony, grand pourvoyeur de bruit, de cernes clairs et de franges pourpres devant l'éternel... Bien sûr, il faut encore travailler sur le dupli de l'original, puis sur le dupli du calque d'arrière-plan. Et ne pas oublier d'enregistrer régulièrement son travail.
Le but de l'opération va être de donner au ciel une teinte émeraude foncé et au chantier une lumière, disons un peu glauque...
Etape n°1
On va d'abord s'attaquer au ciel. Et passer par un outil dont j'ai découvert l'existence grâce au livre de piouPiouM : la
rotation de la carte des couleurs. C'est la première fois que je m'en sers, faut avouer que c'est assez rigolo à voir fonctionner ; cela dit, comme j'ai pris des notes mais oublié, dans l'enthousiasme de la découverte, de faire la capture sur le coup, celle que je présente est un peu approximative
Le vert fait une discrète apparition :
On se refait un petit dupli du calque d'arrière plan, on le place juste sous le calque des couleurs tournées, on sélectionne ce dernier, on le passe en mode
assombrir et voilà le résultat :
Là, on a fait d'une pierre deux coups : l'émeraude a fait son apparition (encore discrète mais on va s'occuper de ça) et tout le bas de l'image est prêt pour une sélection facile.
Etape n°2
Pour l'instant, on reste au ciel et on va dire un petit bonjour à la
balance des couleurs pour lui demander un peu plus d'émeraude :
Et nous voici dotés d'un ciel plutôt satisfaisant :
Etape n°3
On va maintenant s'intéresser au chantier et je vous préviens tout de suite, ça ne va pas être aussi simple...
Tout d'abord, on active le calque de la dernière étape, un petit coup de
baguette magique sur tout ce noir, masque rapide, nettoyage, bref, travail classique de sélection ; on active le calque d'arrière-plan (quand je vous disais qu'il ne fallait surtout pas y toucher ! Vous l'avez fait quand même ? tant pis pour vous

), ctrl C, ctrl D, nouveau calque, on masque les autres calques et nous voici avec une jolie sélection bien proprette (ou presque, compte tenu des défauts du Sony) :
Etape n°4
Retour à la
rotation de la carte des couleurs, avec les mêmes observations que précédemment au sujet de la capture
J'étais un peu partie pour donner une lumière d'aquarium au chantier, mais finalement, j'ai trouvé que la moutarde, ce n'était pas trop mal non plus :
Etape n°5
Patatras,
problème en vue ! Il faut toujours, après manipulation sur les couleurs, examiner l'image de très près, et voici ce qui est arrivé à la rampe de l'escalier :
Yapuka ! Sélection de la rampe d'origine (et oui : encore un retour au calque d'arrière plan), rotation de la carte des couleurs pour lui donner une couleur moutarde, fusion de la nouvelle rampe en mode teinte. Pendant que je suis dans les travaux enquiquinants, je me farcis une longue séance de tampon de petite taille pour corriger une partie des défauts engendrés par le Sony, aussi bien sur le ciel que sur le chantier.
Voici donc notre chantier doté d'une nouvelle rampe, on va pouvoir continuer !
On duplique ce nouveau calque, on passe en mode
addition avec une opacité de 66 %, on fusionne ces deux calques, et nous voici avec un chantier sinistrement blafard !
Etape n°6
Vous commencez à connaître la chanson : on va aller dans la
balance des couleurs accentuer un peu la moutarde sans pour autant perdre la lumière un peu surnaturelle :
Et l'on voit que ça commence à prendre tournure :
Etape n°7
Il faut, maintenant, procéder à un réglage dans l'outil
Courbes, qui permet d'être plus fin que le réglage de niveaux. J'ai fait successivement :
- 255,255 ==> 255,225
- 0,0 ==> 15,0
- 128,106 ==> 138,106
- 255,225 ==> 205
Le résultat est moins pêtant, plus lugubre :
Etape n°8
Il est temps de réunir le ciel et le chantier. En fait, tout au long du travail sur le chantier, j'ai régulièrement affiché le ciel pour contrôler l'évolution globale de l'image. A ce point, voici donc où nous en sommes :
Il faut encore affiner pour remonter les verts et baisser les rouges et magentas. Donc, une fois de plus,
balance des couleurs :
Le résultat approche de ce qui était recherché :
Etape n°9
Il reste à faire une dernière correction, parce que la photo est encore trop claire. Dernière visite au
réglage de niveaux :
Au passage, l'histogramme montre que l'on n'a pas trop trop dégradé l'image, ce qui valait mieux, compte tenu de la qualité très moyenne du fichier de départ...
Image finale :
Et voilà, c'est enfin terminé. Je mettrai sans doute un additif pour attirer l'attention sur les risques que peuvent courir certaines parties des photos, notamment celles présentant des valeurs très hautes ou très basses, du bruit ou des aberrations diverses. En attendant, à vous de poser des questions. Je précise que je compte sur Piou pour répondre à toutes celles pouvant concerner la rotation de la carte des couleurs !