Torrents furieux, vagues mourantes, cascades sublimes : ce ne sont pas les occasions qui manquent de photographier l'eau vive. A toutes les questions habituelles sur la composition, la lumière, etc., qui se posent, s'en ajoute une qui va être déterminante pour le rendu de la photo : quelle vitesse adopter ?
Vous avez le choix entre deux possibilités :
- figer le mouvement : adoptez une vitesse rapide, et à vous les gouttelettes en suspension, les sculptures d'eau et parfois, la transparence laissant apparaître un lit de beaux graviers ;
- photographier le mouvement : adoptez une vitesse lente et vous découvrirez l'insoupçonnable, de nouvelles textures, la signature des reflets dansants, voire de l'eau en gerbe.
La preuve par l'exemple avec des photos prises spécialement pour ce tuto au printemps dernier (voui, je sais, j'aurais pu m'en occuper plus tôt !

). Pour chaque couple de photos prises au même endroit, en quatre points d'un petit ruisseau, d'abord la vitesse rapide puis la vitesse lente. Les photos devant paraître en petit format pour ne pas trop surcharger les connexions peu rapides, j'ai très exagéré le traitement afin que les détails restent bien visibles.
1/320ème à f/10 puis 1/20ème à f/40

1/160ème à f/8 puis 1/10ème à f/25

1/400ème à f/6.3 puis 1/13ème à f/36

1/400ème à f/6.3 puis 1/13ème à f/36

Ce qui est valable pour l'eau le jour l'est aussi pour l'eau la nuit. Cette fois, ce sont les reflets qui vont faire la différence, ainsi, bien sûr, que la texture de l'eau. La première photo est prise à une demi-seconde, f/2.8, et la deuxième à 8 secondes, f/11. Dans ce deuxième cas, on notera que la diminution de l'ouverture du diaphragme a entraîné l'apparition d'étoiles autour des lampadaires !

