Je sens que je vais répéter ce que j'ai déjà écrit à plusieurs reprises
Au commencement, il y a la lumière ; elle est en partie réfléchie, en partie absorbée par tout ce qui nous entoure, de façon variable au fil des jours, au fil des heures. Nos yeux captent la lumière qui nous parvient et envoient l'information à notre cerveau. Notre cerveau touille ce qui lui est livré avec tout ce qu'il a emmagasiné et nous offre une image qui n'est donc jamais brute, mais au contraire, fortement corrèlée avec notre culture, notre histoire, notre expérience. C'est pourquoi il n'y a pas de réalité, mais seulement des regards posés sur ce qui nous entoure. Des manières de voir.
La peinture s'est de temps à autre trimballé le mythe de la représentation objective du réel. Le fardeau est ensuite passé à la photographie (ce qui a, au passage, libéré la peinture) qui ne peut, pas plus que la peinture, l'assumer, car tout passera toujours par le filtre de notre cerveau. Après ça, il y a deux attitudes possibles : on nie ou on assume.
La négation, c'est la carte postale ; ou encore, ces mouvement sporadiques qui ressurgissent de temps en temps comme c'est le cas depuis quelques années : on prétend faire de la photo "objective" en shootant les yeux fermés, ou à bout de bras, ou avec des appareils aussi élémentaires que possible. En oubliant un petit détail au passage : même ces appareils ont leurs petits réglages dûs à des cerveaux et présentent donc leur propre point de vue. Si on assume, on essaie de faire passer son point de vue, ses émotions, ses doutes, ses certitudes, etc., en faisant des choix raisonnés.
Ici, nous avons, par ordre d'importance, un François, un appareil photo, et un verre avec de l'eau, des bougies et des billes de plastique. Le commun des mortels aurait fait une carte postale : on allume les bougies, on fait l'obscurité autour et on fait clic clac. Mais François a un vrai regard qu'il assume...
C'est plus clair maintenant ?