Désolée pour l'icommensurable retard ; et je découvre que tu as ajouté une nouvelle série !
Le paysage au tronc d'arbre : Superbe tronc, superbe paysage hélas noyé dans le flou. On ne sait pas ce que tu as voulu prendre. Si c'était le tronc, il fallait lui donner plus de place et laisser juste entrevoir le paysage dont le flou aurait alors été tolérable ; si c'était le paysage, il fallait donner au premier plan le rôle qui doit être le sien : mettre en valeur, esquisser un cadre. Quand on ne sait pas trop que choisir, il faut s'arrêter et analyser ce que l'on voit et ce que l'on ressent. Et si malgré tout, le choix reste impossible, alors il faut multiplier les prises, les points de vue, les cadrages, les réglages et reporter le choix. C'est l'un des avantages du numérique, mais je ne suis pas absolument certaine que ce soit la meilleure façon d'aiguiser ses sens et de progresser en photo.
La vasque à l'escargot : Elle a une forme magnifique, cette vasque naturelle. Mais j'ai l'impression que le cadrage ne lui rend pas complètement hommage. Il me semble (pas vraiment de certitude) que la photo est ou un peu trop symétrique ou pas assez. Je ne sais pas si c'était possible, mais je crois que j'aurais essayé un cadrage plus dynamique en basculant l'axe vertical pour lui donner une position plus proche de la diagonale. Et tu aurais aussi pu essayer de faire un gros plan sur la flaque, sa coquille, ses feuilles et ses reflets.
Xania : Refrain habituel : attention à l'horizontale lorsque l'on photographie une étendue d'eau ! Le ciel et la mer arboraient de belles couleurs, les fortes verticales se donnaient, parfois comiquement, la réplique ; tout pour obtenir un cliché très fort. Mais, outre le problème de l'horizontalité, il y a celui du cadrage. Les photos moitié-moitié sont à éviter à tout prix, sauf exception vraiment très exceptionnelle. Il n'y a rien de tel pour plomber une image et la banaliser. Le cadrage un tiers deux tiers est certes très classique, mais c'est une valeur sûre à laquelle se raccrocher en cas de doute. Cela dit, tu as parfaitement repéré qu'il y avait quelque chose à faire à cet endroit, en ce moment, et c'est le plus difficile. Le reste n'est qu'une affaire de technique.
Rouille et reflet : On tape dans mes sujets de prédilection, là

Je me sens d'autant plus frustrée. Là encore, tu as opté pour le cadrage moitié-moitié. Je pense que, bien qu'il soit généralement le fait de la plupart des photographes amateurs, c'est l'un des cadrages les plus difficiles qui soient. Par ailleurs, dans ce genre de sujet, il faut veiller au parallélisme entre le plan de la lentille frontale et le plan du sujet pour obtenir un maximum de netteté. Enfin, tu aurais pu faire quelques plans plus rapprochés, si ton appareil te le permet.
La bouteille de gaz : Là aussi, il y a de l'idée, et c'est le principal. Mais encore et toujours le centrage... C'est dommage : les lignes sont très fortes, les oppositions de textures aussi. A ta décharge, je reconnais que j'aurais peut-être pas mal tâtonné avant de trouver le bon angle. Mais il y en avait sans doute un (peut-être en renonçant, déjà, au tuyau de gauche dont je ne m'explique pas très bien le flou continu).
Le petit troupeau : Pas facile de saisir à la volée les agneaux bondissant devant leurs ombres... Recadre ta photo juste au-dessus des deux boules du portail, elle n'en sera que plus dynamique (il ne te restera plus qu'un beau tir groupé de lignes de fuite qui accélèrera encore la marche du troupeau).
La ruelle : Le délicat camaïeu aurait disparu dans le soleil méditerranéen, alors qu'il donne, ici, après la pluie, toute la richesse de sa palette. En revanche, quand tu photographies une rue, une route, un chemin, évite (sauf exception) de te planter pile poil au milieu... Là ce n'est pas trop grave, parce que la ruelle réintroduit une dynamique en tournant.
Le petit bassin : Un petit coin de ciel enfermé dans la pierre... Je pense que tu aurais pu cadrer un peu plus serré ce qui permettait également de contourner l'épineux problème posé par le violent ensoleillement. Ou alors, il fallait carrément jouer sur le contraste entre le terrain écrasé par la lumière, et ce minuscule hâvre de fraîcheur. Mais là aussi, c'est bien vu.
Le paysage aux palmes : Là encore, il y a de l'idée, mais je trouve qu'une fois de plus, le premier plan prend une place un tantinet exagérée. D'autre part, les paysages méditerranéens sont difficiles à rendre aux heures les plus chaudes. Le ciel est complètement décoloré, les montagnes bien affadies. Là, il t'a manqué un filtre anti-UV, voire carrément un filtre polarisant.
Voilà, voilà
Cultive ton point de vue et n'hésite pas à chercher en te déplaçant, en t'accroupissant ou en t'élevant. Et arrête de tout centrer !